samedi 11 mars 2017

Kongo 1993




Ce graff a été réalisé en septembre 1993 dans un terrain vague qui se situait Passade Charles Dallery dans le 11e à Paris (aujourd'hui rue Charles Dallery). Cette ruelle, dont la plupart des immeubles avaient été laissés à l’abandon, était saturée de tags, de throw ups et de blocks.

Surnommé « le terrain de Voltaire » ou encore « le terrain de la Roquette », ce terrain vague était notamment fréquenté par les MAC (Mort aux Cons) dont faisait partie Kongo. Le terrain se situait au milieu de la ruelle. Il fallait escalader un mur en béton de deux mètres de haut. C’était alors un vrai feu d’artifice pour celui qui pénétrait dans le terrain. Les murs du pied de l’immeuble situé au fond du terrain étaient recouverts de graffs.

C’est sur ces murs en parpaings d’une quinzaine de mètres qu’a été réalisé ce "Kongo", précisément entre un "Juan" et un "Popof". A droite du Kongo, il y avait un graff « MAC » peint à la verticale qui a probablement été peint par un autre membre du groupe.
Kongo Mac (Credit True Urban Street Legend)
Ce « Kongo » a été réalisé avec au moins 15 bombes de peinture, ce qui était rare à l’époque : trois teintes de rose (bonbon, fuchsia et un mauve), trois teintes de bleu (cylan, azur et un qui tire vers le prusse), deux teintes de vert (bouteille, émeraude et turquoise), du jaune, du rouge, du marron, du gris, du blanc et du noir.

Les lettres sont monumentales : le graffeur a tracé son lettrage sur deux murs en parpaings séparés par le fantôme d’un mur mitoyen en briques repérable au niveau du « G ». Un graff très coloré dans la droite ligne des compositions réalisées précédemment dans ce terrain par Kongo.

En revanche, les lettres sont plus volumineuses, plus lisibles et plus équilibrées. Caractéristique des blocks letters que Lokkis définit comme des "lettres massives, basiques et mégalomanes" (Graffiti writing, expressions manifestes, Hazan 2016), l'écriture stylistique de ce Kongo rappelle celle Bando qui s’était lui-même inspiré du writer new-yorkais Dondi. On retrouve aussi le « O » en forme de goutte d’eau et les petites flèches intercalées entre les lettres caractéristiques des pièces de Bando, mais également de Shoe.
On remarque que Kongo a également cherché à donner un effet monumental à ses lettres en les coupant légèrement au niveau des pieds. Le graffeur s’est ici servi du sol comme d’une ligne imaginaire, ce qui donne une assise à la composition. Là encore un effet recherché par Bando à la fin des années 1980 dans les terrains parisiens.
Bando (Credit : Maquís Art)

En 1993, Kongo a au moins six ans de graffiti derrière lui. Né au Vietnam en 1969, il a grandi au Congo-Brazzaville avant d'arriver à Paris en 1987. Dans une interview publiée sur le site StripArt, il dit avoir peint à Stalingrad, un terrain où il a dû s'imprégner des techniques utilisées par les pionniers du graffiti français.

Au-delà de ces inspirations, Kongo se démarque par sa volonté de donner du mouvement à la composition : le déhanchement du « O » final avec cette flèche donne une agressivité au lettrage. Cette volonté également de rendre vivant le graff se retrouve dans la perspective : un travail d’ombres noires légèrement inclinées vers la droite, surinées en jaune, pour mieux faire ressortir le graff.

Il y a surtout une volonté de diversifier les coloris en jouant sur les dégradés : un feu d’artifice typique de l’époque. Ici, le rose prédomine : une couleur que Mode 2 avait mis au goût du jour à Paris à la fin des années 1980, notamment Quai de Seine dans le 19e et qu’on retrouve dans les compositions de nombreux crews parisiens au début des années 1990, dont les AEC (comme le remarquait justement Shero TSM dans une interview sur le blog Cap d’Origine). 




A l'instar de Mode 2, Kongo usait des high lights, ces traits blancs qui suivent la ligne de contours à l’intérieur du graff pour mieux lui donner de la lumière. Les high lights nécessitent une grande maîtrise de la bombe, surtout pour une pièce avec des lettres aussi volumineuses : le tracé doit être direct, le trait fin, sans repentir. On remarque que certains high lights - dans la partie haute du « K » et un l’intérieur du « O »-  sont moins fins que d'autres.
Egalement typique des graffs de Mode 2, l'abondance de craquelures. Kongo se distingue par son usage intensif des symboles (étoile, bombe de peinture, flèches, note de musique, cible) à l’intérieur des lettres.  Adepte du pochoir à ses débuts, Kongo a probablement recouru à cette technique pour représenter avec autant de finesse ces symboles, notamment la feuille de cannabis. Ces « fioritures » comme les appelait Bando renforcent ce côté dynamique et énergisant de la pièce. On remarque d’ailleurs que le graffeur a inscrit « Nature urbaine » dans la partie haute du « K » : un slogan que l’on retrouve dans la plupart des graffs de Kongo à l’époque et que l’on peut comprendre comme une volonté de donner de la vie à la ville. Une idée développée par d’autres graffeurs comme Slice qui au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 expliquait sur Arte que « le graffiti c’est rendre le béton fertile ». Une nature urbaine qui est appelée à se répandre, mais aussi à disparaître : ce graff a été repassé six mois plus tard, une durée de vie assez exceptionnelle à l'époque. 

lundi 16 septembre 2013

Outro


Santa claus débarque avec son tag à 2 francs sur son eastpack, 

distribue des graffs par plaques, du crack pour les monomaniaques, 

négatifs, diapos, planches de contacts, white sur black, classés en vrac, 

flashbacks, flèches, highlights, style qui claque, 93NTM, AEC, MAC,

la gloire, le vice et l'arnaque toujours dans l'angle mort de mon Kodak,

Tout à coup, l'insomniaque craque, tourne casaque, efface tout en deux clic clac,   

marre de déballer la barbac pour des tronches de macaque, 

vive la retraite virtuelle dans un hamac à compter les comebacks, 

ma contre attaque ? pas avant que les autres finissent de vider leur sac. 

LEGEND

SFAXE

COLORZ

OENO

10CRé

mercredi 11 septembre 2013

Puces de Montreuil- Part 7

Dernier post consacré aux Puces de Montreuil : une bande des MCZ (Montreuil City Zoo) réalisée en 2000. Pour ce graff, sont réunis : Kongo, Juan, Psyckoze et Alex des MAC (Mort aux Cons) ainsi que Rest et Vision des OC (Outlaw Crew). Alex a peint les animaux. Les photos ont été prises en septembre 2001.

Kongo-Rest-Juan- Alex (Source ; Graffiti Paparazzi)

Alex- Psyckoze-Vision (Source : Graffiti Paparazzi)

Kongo-Rest-Juan-Psy-Vision (Source : Graffiti Paparazzi)
Sur la droite, un throw up d'O'clock .

O'clock (Source : graffiti paparazzi)
Juste à l'angle, à l'entrée de la rue Etienne Marcel, O'clock, Kongo et Vizion.

Oclock-Kongo-Vizion (source ; Graffiti Paparazzi)
Plus loin sur la rue du Professeur André Lemierre (face aux puces) : Os Gemeos, André, Jonone, Sirius et Kongo.

En haut : Rest - Gems - Laure (André) -
En bas : André- Jonone -Sirius
Kongo (Source ; Graffiti Paparazzi)


André - Stezo (Source ; Graffiti paparazzi)






jeudi 15 août 2013

Puces de Montreuil- Part 6

Merci à Ecraz qui nous envoie des photos du mur réalisé par Mode 2, Jay, Echo, Aone, Ezo, Chill2 en septembre 1997.
Jay est au début de la bande (panneau "Mobile")

Jay (Source ; Ecraz)

Suivi par Chill2.
Chill2 (Source ; Ecraz)

Ensuite, Echo.
Echo (Source ; Ecraz)

A côté du perso "The Deadly Type/ The Black Animals", Ezo de New York.

Ezo (Source ; Ecraz)

Egalement de New York, Aone qui est venu peindre souvent à Paris avec Mode 2 dans les années 1990.
Aone (Source ; Ecraz)
A droite d'Aone, le graff "Burn" et au bout à droite, Mode 2.

Mode 2 (Source ; Ecraz)

jeudi 8 août 2013

Puces de Montreuil- Part 5

1997 : Mode 2 revient avec Jay, Echo, Jay, Aone...
La scène de Mode intitulée "Girl Trouble"a été réalisée sur l'extrémité droite du mur.
Une fois de plus, il ne resistera pas à l'épreuve des toys.
Pas d'information sur le graff "Burn" à gauche.


"Girl Trouble" by Mode 2 (Source ; Graff it! n°4, 1998)

"Girl" by Mode 2 (Source ; Maquis-Art)

"Girl" by Mode2 (Source : ?)


mercredi 31 juillet 2013

Puces de Montreuil- Part 4

Photos prises en décembre 1995.
Graffs réalisés par Mode 2, Futura 2000, Echo, Jay et Jonone.


Mode 2 (Source ; Graffiti Paparazzi)


Mode 2 (Source ; Graffiti Paparazzi)

Futura 2000 (Source ; Graffiti Paparazzi)



Echo (Source ; Graffiti Paparazzi)

Jay (Source ; Graffiti Paparazzi)

Mode 2 (Source ; Wasted Talent)

vendredi 12 juillet 2013

Puces de Montreuil - Part 3

Mode 2 n'a pas mis longtemps à réagir face aux toys.
Il revient fin 1994 avec Echo, Jay et Jonone.
Une nouvelle fresque moins longue, mais qui avait aussi eu un fort impact, tant au niveau des persos que des messages. "Hello Toys" et "School Days" : une leçon de style...

"Hello Toys" by Mode 2 (Source : Graffiti Paparazzi)
"95 of course" by Mode 2 (Source : Graffiti Paparazzi)
"School Days" by Mode 2
Sur ce spot, difficile de prendre des bonnes photos. Y avait toujours une voiture garée devant le mur.
Impossible de faire une frise. D'ailleurs, je n'ai jamais vu une bande de ce graff en entier.

2 Naze by Mode 2 (Source : Graffiti paparazzi)
Echo (Source : Graffiti Paparazzi)

Jay (Source : Graffiti Paparazzi)

Je n'ai pas non plus pris la photo du graff de Jonone qui, comme on peut le voir sur la photo ci-dessus (début du Jonone à droite des trois b.boys), avait été complètement toyé. Si quelqu'un a la photo du Jon ou encore mieux, le graff en entier, n'hésitez pas à me l'envoyer je me ferai un plaisir de les publier. 

"Hello Toys" by Mode 2